Retour sur une démarche destinée à protéger les personnes et les biens.
Les berges de la Seine-aval sont le lieu d’une occupation humaine historique (activités agricoles, industrialo-portuaires, infrastructures, habitations...), qui constitue en ce sens des enjeux stratégiques forts de protection face au risque d’inondation par la Seine. Par ailleurs, la navigation commerciale intensive et le jeu quotidien des marées requièrent une protection supplémentaire au niveau des berges de Seine.
Pour autant, ces aménagements structurels doivent être complétés de mesures collectives préventives qui sont à la base du projet d’étude relatif à la vulnérabilité de la vallée de Seine estuarienne aux inondations.
Le Schéma "Grande Seine 2015" a donc envisagé cette problématique au sein de deux programmes.
1. Programme 10 « Développer une protection active contre les inondations »
- 157 km de berges et de digues génées par le Département de Seine-Maritime et le Grand Port Maritime de Rouen
- 25 km de confortement de berges et de digues inscrits dans Grande Seine
- 5 projets de confortement des berges dans l'Eure (Barneville-sur-Seine, Vieux-Port ...)
En sa qualité de maître d’ouvrage de travaux de protection des biens et des personnes contre les inondations et l’érosion au sens de la loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques, le Département de Seine-Maritime a réalisé cette année un aménagement de protection au droit d’une dizaine d’habitations en bord de Seine sur la commune de Freneuse. Cet aménagement en génie mixte, combinant des enrochements en partie basse et médiane et une végétalisation des berges en partie haute (arbres et arbustes), s’étend sur 530 mètres linéaires pour un coût de 700 000 € TTC.
2. Programme 11 « Favoriser une gestion préventive du risque inondation »
- Plus de 600 000 habitants de la région vivent en Vallée de Seine
- 80 % de l'activité économique de la région et le 5ème PIB de France (27 990€/hab)
- Trafic portuaire du Havre et de Rouen = 100 MT
Cet enjeu a mis en avant le besoin pour l’ensemble des partenaires de Grande Seine, d’avoir une meilleure connaissance du risque d’inondation par débordement de la Seine et de la vulnérabilité du territoire associé. En effet, l’ensemble des acteurs de l’aménagement du territoire haut-normand a besoin d’obtenir une réponse collective à leurs perspectives stratégiques de développement et attendent en retour des politiques d’aménagement et de protection différentielles par rapport à ce risque d’inondation.
Par ailleurs, le contexte réglementaire en cours et à venir amène aujourd’hui l’ensemble des aménageurs et acteurs institutionnels du territoire de la Seine estuarienne à se doter d’un outil de connaissance efficace au service des politiques menées. Particulièrement, la Directive Cadre Inondation du 26 novembre 2007 - récemment transposée en droit français- qui par sa vision globale de la question - objectifs de réduction du risque, type d’activités économiques touchées, information du public,…- vient bouleverser l’appréhension du risque d’inondation et notre doctrine nationale en la matière, notamment en accordant une part importante aux enjeux et à leur degré de vulnérabilité.
Pour répondre à la fois aux objectifs de cette Directive et à la question du développement durable, équilibré et prospectif du territoire prôné par le pacte départemental de développement durable et par Grande Seine 2015, le Département souhaite initier avec l’Etat, les collectivités territoriales, les EPCI, les partenaires économiques et de la vie civile, une réflexion de fond sur les enjeux du territoire de la vallée de Seine, qu’ils soient économiques, sociaux ou environnementaux, et leur exposition face au risque inondation.
Ainsi, le Département souhaite lancer une étude concertée qui place au cœur de la stratégie les enjeux exposés en lit majeur et leur niveau de vulnérabilité au risque d’inondation.
Cette étude donnera priorité à un diagnostic détaillé et une analyse multicritères du territoire en tenant compte des réalités d’occupation actuelles et à venir de l’espace : économique (activités agricoles, industrielles, portuaires…), sociale (types de population et d’habitat,...), etc. Cette approche doit permettre de caractériser les grandes entités géographiques et une différenciation des enjeux qui y sont implantés. L’acceptabilité du risque d’inondation, la vulnérabilité de ces enjeux et leur niveau de tolérance, l’aptitude du territoire à réagir face à l’inondation, la possibilité de faire « redémarrer » un secteur inondé, toutes ces connaissances constituent les bases de l’aide à la décision en termes de politique actuelle ou future.
Au niveau opérationnel, ce travail doit servir de guide en matière de gestion du risque d’inondation, et permettre ainsi d’orienter chaque maître d’ouvrage ou acteur d’aménagement du territoire dans la mise en œuvre de leurs projets. De même, les outils à construire - schéma et référentiel d’aménagement - doivent traduire une territorialisation du risque au regard d’enjeux économiques, sociaux et environnementaux précis et affirmés.