Depuis 2009, le Département de Seine-Maritime a décidé de mettre en œuvre des pratiques d’entretien concourant à une gestion plus écologique des berges de la Seine. Inscrites dans le projet « Grande Seine 2015 », ces actions se déclinent en quatre volets :
- l’utilisation de techniques alternatives aux produits phytosanitaires pour le traitement de la végétation sur et aux abords des digues départementales « 0 phyto »
- le fauchage raisonné de la végétation sur et aux abords des digues
- l’expérimentation en régie de travaux en génie végétal
- l’engagement d’un programme de restauration écologique de quatre sites.
L’ensemble de ces actions concourt à redonner un caractère plus naturel aux berges et rives de Seine, à développer la biodiversité, à contribuer aux continuités écologiques de la vallée de la Seine, à limiter les impacts de la pollution des eaux, de l’air et des sols ou encore à préserver la santé des riverains et des agents techniques en charge de l’entretien.
Afin d’étudier sur le terrain la mise en œuvre de ces nouvelles pratiques, une visite est organisée, en présence de Monsieur Didier Marie, Président du Département de Seine-Maritime, le 11 juillet prochain à Villequier.
Plus d’informations :
Département de Seine-Maritime, Direction de l’Environnement
Yann Labiste 02 76 51 70 04
Xavier Gricourt 06 07 94 36 01
Quelques définitions :
La gestion écologique des berges
Le Département de Seine-Maritime assure l’entretien d’une partie des digues sur les
berges de la Seine.
En réponse aux objectifs de préservation de l’environnement inscrits dans le schéma Grande Seine 2015, le Département a souhaité mettre en œuvre des pratiques d’entretien concourant à une gestion écologique des berges de Seine.
Cette démarche volontaire vise ainsi à redonner un caractère plus naturel aux berges de Seine, à développer la biodiversité et à limiter les impacts de la pollution des eaux, de l’air et des sols. Cette gestion écologique se décline principalement en trois actions : la gestion différenciée de la végétation, les travaux en génie végétal, ainsi que la renaturation des berges et rives de Seine.
Qu’est ce que la gestion différenciée ?
C’est un mode de gestion de la végétation qui permet de mieux adapter l’entretien en fonction du milieu, tout en respectant les cycles de vie de la faune et de la flore.
Ainsi, en ciblant mieux l’entretien (fauchage raisonné) et en supprimant les traitements phytosanitaires, cette gestion contribue à favoriser le développement de la biodiversité.
Appliquée aux berges de Seine, cette action prend deux formes :
- Le fauchage raisonné consiste à faucher deux fois par an les berges et une partie de la végétation le long du halage en Seine. Cette technique, expérimentée à partir de 2009, favorise ainsi le regain de la biodiversité et crée un aspect des berges plus naturel et diversifié.
- Par ailleurs, sur les digues inaccessibles aux tracteurs-faucheurs, des techniques de désherbage écologique alternatives aux traitements chimiques sont testées pour la deuxième année.
Les techniques alternatives de désherbage : une gestion innovante sur des sites test
Le test de ces nouvelles techniques se poursuit en 2011 sur les mêmes secteurs qu’en 2010, à :
- Caudebec-en-Caux,
- Duclair,
- La Bouille,
- Saint-Pierre-de-Varengeville,
- Villequier,
- Yainville.
Une démarche expérimentale à confirmer.
Comme en 2010, trois passages vont être réalisés avant fin 2011. Afin de mesurer l’efficacité de chaque technique, une évaluation est menée à partir de critères de gestion durable bien définis (coût, efficacité, mise en œuvre, effet paysager…).
Quelle que soit la technique retenue à l’issue de la phase test, il faudra compter plusieurs applications annuelles pour parvenir à une efficacité optimale.
Aller plus loin sur le web : Le site de la gestion différenciée
Techniques alternatives au désherbage chimique
Vapeur d’eau
L’eau est chauffée et appliquée sur la partie aérienne des végétaux à une température de 90 – 120 °C. Cela provoque un éclatement des cellules et la mort de la plante.
Vapeur + mousse végétale écologique
Ce procédé associe de l’eau chauffée à 95° C, de la noix de coco et de l’amidon de maïs. Cela crée une mousse d’aspect blanchâtre 100 % biodégradable et qui disparaît peu de temps après son application. La mousse évite ainsi les éclaboussures et permet de travailler à une température moins importante qu’avec la vapeur seule.
Pourquoi entretenir les berges ?
Pérennité de la digue
Les digues jouent un rôle de protection vis-à-vis des crues. La présence de racines à l’intérieur des structures peut fragiliser ces ouvrages. Il convient donc d’en assurer la solidité, en contrôlant la croissance de la végétation sur et aux abords des digues.
Un accès aux berges amélioré
Les promeneurs à pied, les services techniques en charge de l’entretien des digues et les secours peuvent accéder plus aisément aux berges (halage ou marchepied)
Gestion facilitée
Une berge visible et peu colonisée par la végétation facilite les interventions et les surveillances quotidiennes ou d’urgence des services techniques (contrôle de l’état des digues, réparations…).
De nouvelles expériences favorables à la biodiversité des berges de Seine
Génie végétal : des végétaux au service de la stabilisation des berges
Le Département a acquis de nouvelles compétences en interne qui lui a permis en 2010 d’effectuer un chantier de génie végétal sur les berges de la Seine à Amfreville-la-Mivoie. Le développement de ces techniques assure à la fois la protection des berges et le développement d’habitats naturels, mais nécessite de prendre en compte les particularités locales de chaque site (végétaux adaptés, résistance aux courants et aux marées…).
Renaturation : quels aménagements favorables à un retour de la nature ?
L’un des enjeux forts de Grande Seine 2015 est la restauration d’habitats naturels en rive de Seine favorables à l’accueil d’une flore et d’une faune spécifiques. En ce sens, le Département porte des projets sur quatre sites prioritaires sur les communes de Hénouville, Anneville/Yville-sur-Seine et Norville. Récemment classés en ENS locaux, la première étape consiste à étudier dès 2011 la faisabilité technique, écologique ou économique des aménagements de renaturation.